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Nos concerts sont présentés à la basilique Saint-Frédéric de Drummondville.
Au 219, rue Brock, Drummondville

Histoire des orgues Casavant de la basilique Saint-Frédéric de Drummondville.

L’histoire des relations entre Casavant Frères et la paroisse Saint-Frédéric de Drummondville remonte à quelque 90 ans. En effet, en octobre 1907, le célèbre facteur d’orgues de Saint-Hyacinthe installe dans la précédente église paroissiale de Drummondville le 299e instrument à être sorti de ses ateliers. Acheté au coût de 3 500$, cet instrument à traction tubulaire-pneumatique comportait 23 jeux répartis sur deux claviers et pédalier, pour un total de 1420 tuyaux. Il a brûlé dans l’incendie qui a détruit cette église.

Quant à l’orgue de l’actuelle de la basilique Saint-Frédéric, il constitue le 1448e commande reçue par Casavant Frères; il porte par conséquent le numéro 1448. Installé en décembre 1931 au coût de 23 620$, sa valeur actuelle de remplacement à neuf est d’environ un million de dollars. Cet instrument à traction électro-pneumatique comporte 64 jeux parlants répartis sur quatre claviers et pédalier, pour un total de 3 668 tuyaux. Le contrat en est signé le 1er mai 1931 par le chanoine Georges Melançon, curé de la paroisse, et par J. O. Montplaisir, marguiller en exercice.

L’orgue de  la basilique Saint-Frédéric se distingue d’abord par ses imposantes proportions. En effet, il se classe parmi les plus grands instruments que la maison Casavant a installés au Québec. Il représente notamment le plus grand orgue à tuyaux, en terme de jeux parlants, sur la rive sud du fleuve Saint-Laurent, de Valleyfield à Gaspé. Fier de cette commande, le facteur écrit au curé Melançon :<<nous ne pouvons que vous répéter combien nous sommes heureux d’avoir été choisis pour les facteurs d’un instrument aussi important que le vôtre>> (Archives Casavant Frères).

Cet instrument s’inscrit dans une période faste de l’histoire de Casavant  Frères, avant la grave crise économique des années 1930. À la même époque, le facteur construit notamment les instruments monumentaux de l’hôtel Royal York de Toronto (opus 1312, 1929, 107 jeux), du temple hébraïque Emanu-El de New-York (opus 1322, 1929, 104 jeux), de l’église unie Metropolitan de Toronto (opus 1367, 1930, 110 jeux), de l’auditorium Eaton de Toronto (opus 1414, 1931, 90 jeux) et de l’église presbytérienne St.-Andrew and St.-Paul de Montréal (opus1457, 1932, 94 jeux).

La composition de cet orgue a été préparée en mars 1931 par Conrad Letendre (1914-1977), alors professeur au séminaire de Saint-Hyacinthe et organiste de l’église Notre-Dame-du-Rosaire de cette même ville. Soulignons ici que Letendre, ayant été le professeur de plusieurs musiciens qui sont aujourd’hui au premier rang de la vie musicale du Québec, aura notamment exercé une influence importante et incontestable sur notre école d’orgue actuelle. Fait intéressant à souligner, la maison Casavant conserve, au sujet du devis de l’orgue de la basilique Saint-Frédéri, une correspondance intéressante avec d’éminents organistes, soit Marcel Dupré (Paris), organiste de l’église Saint-Sulpice, professeur au Conservatoire de musique de Paris et récitaliste de réputation internationale, Gaston Dethier (New-York),organiste de l’église Saint-François Xavier et professeur à l’école de musique Juilliard, Henri Gagnon (Québec), organiste de la basilique Notre-Dame et professeur à l’École de musique de l’Université Laval et Eugène Lapierre (Montréal), organiste de l’église Saint-Jacques et directeur du Conservatoire national de musique.

L’orgue de la basilique Saint-Frédéric se distingue sensiblement des instruments construits par la maison Casavant à la même époque. Pourtant la marque de Letendre, notamment par la présence d’un nombre important de jeux de mutations, cet orgue est tributaire à la fois de l’esthétique symphonique française, chère aux frères Casavant, et de l’esthétique anglo-américaine alors en vogue, avec laquelle le facteur doit composer, et ce, afin de répondre aux goûts de sa clientèle nord-américaine, tant au Québec, au Canada anglais qu’aux Etats-Unis. L’échelle des jeux de l’orgue de la basilique Saint-Frédéri a été établie par Joseph-Claver Casavant. Preuve de l’influence française, la Pastorita 8’ du Positif a été fabriqué selon l’échelle du Cor de nuit de Cavaillé-Coll, le grand facteur français du XIXe siècle (note 1). De plus, les jeux de mutation du Récit, jusqu’à la Septième 1 1/7’ et au Piccolo 1’, ne sont pas sans rappeler les grands instruments parisiens de ce même facteur, en particulier ceux de la basilique Notre-Dame et l’église Saint-Sulpice, auxquelles Louis Vierne et Charles-Marie Widor, qui connaissent bien les frères Casavant, sont alors respectivement rattachés au moment de la construction de l’orgue de la basilique Saint-Frédéri. Par ailleurs, signe évident de l’influence de la facture d’orgue anglaise, la composition d’origine de la Mixture III du Grand Orgue spécifie que les trois rangs sont : 1 3/5’ (tierce), 1 1/3’ (quinte), 1’ (unisson) (note 2).

On remarquera enfin l’élégant buffet de l’instrument, construit en chêne par Casavant Frères, d’après un dessin de l’architecte sherbrookois Louis Audet, qui a également conçu les plans de la basilique Saint-Frédéri. Les sculpteurs, dont les deux magnifiques anges à la trompette, sont l’œuvre d’Arthur Bédard, sculpteur de Saint-Hyacinthe.

La réputée organiste française Renée Nizan a pu jouer l’orgue de la basilique Saint-Frédéri au cours de son montage aux ateliers Casavant, en novembre 1931. Dans une lettre qu’il adresse au curé Melançon, Charles Chapais, de la maison Casavant, écrit alors : <<Mademoiselle Renée Nizan et son père ont joué votre orgue… ; tous les deux l’ont trouvé bien intéressante et bien au goût de l’école française>>. À deux ou trois reprises, Monsieur Nizan s’est exclamé : <<En France, nous aimons les orgues qui pétillent>>, appréciant par là le brillant d’un instrument qui était assez apparent, bien que l’orgue ne fut pas encore complété par l’introduction des jeux d’anches. Aussi, nous avons bon espoir que votre orgue, une fois placé dans son milieu et bien fini, saura plaire même aux plus exigeants>> (Archines Casavant Frères).

Le concert d’inauguration de cet orgue est donné le 22 décembre 1931 par Henri Schampaert, organiste de la basilique Saint-Frédéri, et la chorale paroissiale.  Jules Laframboise, qui assiste au concert, écrit au curé Melançon le 28 décembre suivant : <<Nous avons été enchantés du concert d’inauguration qui a eu lieu mardi dernier, et votre organiste a sûrement bien mis à profit toutes les ressources de cet orgue : votre chœur de chant est aussi très intéressant>> (Archines Casavant Frères).

Note 1 : La présente proposition de Casavant Frères pour les travaux à l’orgue de la basilique Saint-Frédéri prévoit de conserver ce jeu sans le modifier.

Note 2 : Notons que cette Mixture a grandement été modifiée lors des travaux effectués dans les années 1960.
 

Texte fourni par Monsieur Gilles Fortin


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